Immobilier post-confinement : quelle tendance pour les prix immobiliers à Paris ?

10 juillet 20

Pour Michael La Rocca, agent à Paris, la phase de déconfinement n’a pas conduit à la baisse de prix attendue, même si certains biens peinent un peu plus à se vendre. Michael nous en dit plus.

En terme de prix immobiliers, qu’attendiez-vous après le confinement ?

MLR (fondateur de l’agence L’Immobilier sur Mesure, à Vincennes) : « nous attendions logiquement une hausse des transactions, mais également une stabilisation des prix, voire une baisse : les pouvoirs d’achat ayant été mis à mal et les perspectives économiques étant moroses, bon nombre d’acheteurs allaient possiblement reporter leur achat. Or, c’est l’inverse qui s’est produit. »

Les prix ont augmenté ?

Michael La Rocca ISM

MLR : « nous avons assisté à une hausse du nombre de transactions. En l’occurence, nous n’avons jamais eu autant de biens à vendre dans notre agence que depuis le déconfinement. Soit parce que les vendeurs craignent une baisse des prix, soit parce qu’ils sont pressés de quitter l’Île-de-France, le phénomène est particulièrement remarquable.  Il y a une véritable crainte de la « bulle immobilière ».

Pour autant, les prix ne baissent pas de manière globale. Certains biens se vendent même encore très cher. La seule baisse constatée est liée aux exigences des acheteurs, qui fuient les biens moins qualitatifs. »

C’est à dire ?

MLR : « les biens en rez-de-chaussée, avec de grands travaux à réaliser, bruyants ou manquant de lumières sont très peu demandés, ce qui marque une différence notable avec la course à l’achat inconditionnel pré-Covid. Il y a aussi moins d’acheteurs désormais, ce qui semble confirmer une tendance forte : le marché immobilier est en train de progressivement évoluer. »

prix immobilier déconfinement

 

Craignez-vous une bulle spéculative ?

MLR : « nous craignons relativement peu une hausse des prix, en raison justement de ce plus faible nombre d’acheteurs. De même que nous ne tablons pas sur une baisse des prix significative et soudaine, qui pourrait s’apparenter à l’éclatement d’une bulle. De nombreux biens se vendent au prix, voire même un peu plus chers que leur valeur vénale. Les propriétaires veulent vendre au meilleur prix mais les acheteurs sont de plus en plus exigeants, ce qui amène naturellement à l’équilibre. Si une bulle se forme, elle concernera seulement les biens de grand standing, pas la moyenne des logements. » 

Que conseillez-vous aux vendeurs ? Et aux acheteurs ?

MLR : « pour les vendeurs, la problématique reste la même qu’avant le confinement : il s’agit optimiser sa vente (travaux, valorisation des prestations, de son annonce) pour tirer le meilleur prix de son logement. La demande reste forte, mais il faut tenir compte de l’exigence – assez inédite à Paris – des acheteurs. 

Concernant ces derniers, il y a de manière certaine de jolies affaires à réaliser sur le marché actuellement. En étant en veille quotidienne et en n’hésitant pas à faire appel à nos bases de données, certains achats peuvent s’avérer extrêmement profitables actuellement. C’est une bonne période pour investir ! »

Cet interview a été réalisée le 10 juillet 2020.